L’Epidémie du VIH/SIDA au Mali
Le Mali continue d’être parmi les quelques pays africains de la région Sub-Saharienne avec une basse épidémie de la prédominance VIH/SIDA dans la population générale. En 2005, l’ONUSIDA a estimé qu’environ 130000 adultes et enfants au Mali vivaient avec le VIH/SIDA, avec une prédominance d'adulte de 1.7 pour cent. Une plus forte présence dans des populations de pont, telles que les conducteurs de camion et les fournisseurs, peut cependant annoncer une épidémie plus large.
Les taux enregistrés d'infection par le VIH sont plus élevés chez les femmes maliennes que chez les hommes, en particulier parmi les femmes enceintes entre 25-29 ans, chez qui la prévalence est presque 5%. La moyenne de jeunes femmes infectées du VIH comparée à celles des jeunes hommes est à 4.5:1. La basse utilisation de préservatifs et taux de prévalence assé élevé de maladies sexuellement transmissibles (MSTs) sont des facteurs de contribution importants à la transmission du VIH au Mali. L'utilisation de préservatifs chez de jeunes hommes de 15-24 ans est approximativement de 30%, mais chez les jeunes femmes elle est aussi basse que 14%. L'utilisation des préservatifs est également basse chez d'autres populations vulnérables, telles que le personnel militaire, les conducteurs de camion, et les vendeurs.
Les travailleuses de sexe sont particulièrement vulnérables à VIH, mais la surveillance de cette population a produit les chiffres contradictoires. La prédominance parmi les travailleurs de sexe à Bamako, la capitale, est tombée de 39 pour cent en 1987 à 23.1 pour cent en 2000, alors que la prédominance parmi les travailleurs de sexe dans les autres régions augmentait de 16 à 49 pour cent à cette même période. La migration est également un facteur contribuant de manière significative au taux d’infection du VIH, étant donné que les pays limitrophes comme le Burkina Faso et la Côte d’Ivoire ont un taux de prévalence bien plus élevé que le Mali. Les problèmes politiques et sociaux en Côte d’Ivoire, au Libéria, et en Sierra Leone sont censés également contribuer à la transmission accrue du VIH au niveau des frontières.
La Réponse Nationale
L'engagement du gouvernement du Mali à la prévention et au traitement contre le VIH/SIDA est évident. Le Programme National de Lutte contre le SIDA a été restructuré en 2002, créant le Haut Conseil National de Lutte contre le SIDA (HCNLS), dirigé par le président du Mali. En 2004, un secrétariat exécutif a été ajouté au HCNLS pour coordonner la programmation multisectorielle liée au VIH/SIDA. Le plan stratégique national pour le contrôle du VIH/SIDA (2001-2005) a été développé, et la planification d’un nouveau plan stratégique (2005-2009) a commencé. En mars 2004, le gouvernement a signé une déclaration nationale de la politique de lutte contre le VIH/SIDA. Pour mener à bien cette politique il a obtenu un appui important de la communauté internationale dont un financement du Fonds Mondial, un Don de l'Association internationale de développement (IDA) et un financement du Fonds Africain de Développement.
En janvier 2004, le Président du Mali a déclaré que l'accès aux antirétroviraux et au traitement lié seraient gratuits. En 2005, la pourcentage de femmes et d’hommes infectés par le VIH bénéficiant d’une thérapie antirétrovirale était 32.0%. La première Dame du Mali, qui est Présidente de la Fondation des Enfants, joue un rôle important dans la prévention du VIH, particulièrement dans le secteur de la prévention de la transmission de mère à enfant (PTME). Le ministère de la santé a créé le centre national pour que le contrôle de la maladie pour fournir l'appui aux divers initiatives et programmes, y compris des essaies de vaccins en cliniques.
Il y a 15 centres de conseils et dépistage volontaire dans six régions (Bamako, Ségou, Mopti, Kayes, Sikasso, et Tombouctou), aussi, l'appui continu de divers donneurs internationaux soutiendra l'expansion des services de conseils et dépistage dans tout le pays. En plus, six centres qui offrent des services de prévention des infections mère-enfant à toutes les femmes enceintes sont situés à Bamako, et huit centres seront ouverts dans les capitales régionales. En 2005, la pourcentage des femmes enceintes sous traitement pour la réduction de la transmission mère-enfant était 0.8%.
Le secteur privé Malien
L'activité économique du Mali est en grande partie confinée au secteur riverain, tout au long du fleuve Niger. Environ 10% de la population est nomade et environ 70% de la main-d'oeuvre est dans l’agriculture ou la pêche. L'activité industrielle est concentrée au niveau de la sous-traitance des produits agricoles. Son exportation principale est le coton.
Le secteur privé malien est divisé en plusieurs entités comprenant les secteurs formel et informel, les syndicats, les entreprises privées et publiques, les multinationales, les établissements privés et les associations professionnelles. Le Conseil National du Patronat Malien (CNPM) et le Centre du Secteur Privé (CSP) sont les organismes principaux de regroupement du secteur privé et incluent parmi leurs membres les entreprises nationales et multinationales de toutes tailles. Le secteur privé informel constitue plus de 60% du secteur privé, et donc est l’un des contribuant les plus important du PNB du pays.
En termes de secteur à haut risque, les industries des mines, du transport, de l’agriculture et du tourisme, ainsi que les travailleuses de sexe, ont été déterminé comme étant les secteurs les plus vulnérables.
Par suite des études sur les conséquences du VIH/SIDA en milieu de travail, le SE/HCNLS (secrétariat exécutif du haut Conseil national contre le SIDA) en collaboration avec SIDA-ENTREPRISES et avec l'appui de la Banque Mondiale, a établi une Coalition Malienne du secteur privé contre le VIH/SIDA (CSP). Les projets pour la coalition ont commencé en octobre 2004. La coalition a été établie en décembre 2005 et a été inaugurée en mars 2006. Elle à été créée pour développer une vision stratégique à long terme, mobiliser des ressources, soutenir des efforts de plaidoyer ainsi que développer un partenariat entre le secteur public et privé et la société civile.
La CSP est en train d’opérationnaliser et de développer ses activités. La CSP a pour objectif général d’aider les entreprises du secteur privé au Mali à lutter contre le SIDA au sein de leurs structures et des communautés afférentes à l’activité de l’entreprise. Selon les besoins, elle assistera dans la mise en place d’une politique interne de lutte contre le VIH en milieu de travail. Elle aura également pour rôle de déceler les carences et les besoins émergents de la mise en place de cette politique afin d’aider les entreprises à trouver des financements pour leurs projets.
Objectifs de Mission
L'objectif de cette deuxième mission du secteur privé VIH/SIDA au Mali était de continuer le dialogue avec le HCNLS (Haut Comité National de Lutte contre le SIDA) et la CSP VIH/SIDA (La Coalition du Secteur Privé dans la lutte contre le SIDA) pour renforcer l'engagement du secteur privé malien dans la lutte contre le VIH/SIDA en appui à la stratégie nationale de lutte contre le SIDA du Mali. Les discussions inclure une évaluation de la composante du secteur privé du Projet Multinational de Lutte contre le SIDA (MAP) au Mali ; le développement de stratégies pour renforcer les capacités de la CSP; des discussions sur différentes approches pour faciliter l'inclusion des petites et moyennes entreprises (PME) et du secteur informel dans la stratégie nationale de lutte contre le VIH/SIDA; et des tactiques pour accroître les ressources financières et techniques de la CSP.
La Mission a revu:
- Le statut de la composante du secteur privé du MAP au sein du HCNLS ;
- Le processus de soumission, d’approbation et de financement pour les entreprises du secteur privé éligibles au financement MAP;
- Le statut de la CSP en termes de recrutement de nouveaux membres, de renforcement de capacité et de durabilité; et
- Les stratégies pour accroitre la participation du secteur privé dans la réponse nationale de lutte contre le VIH/SIDA.
De plus, il lui a été demandé:
- D’assister le coordonnateur de la CSP (Dr. Moctar Diallo) à développer un premier draft du plan d'action de la coalition pour l’année fiscale 2007/2008 et un système de reporting ;
- De l’épauler dans le développement d’une stratégie de communication ; et
- D’aider à mieux définir les rôles du HCNLS et de la CSP.
Resultats
Processus de Soumission et de Financement du MAP
- Jusqu'ici, 11 sociétés du secteur privé ont reçu un financement du MAP. Six projets ont été approuvés et attendent d’être financer. Le coordinateur de la CSP a assisté un groupe de membres de la coalition à développer quatorze projets additionnels (atteignant un total de 18 entreprises du secteur privé) qui sont prêts à être soumis à l'AGC pour être revus et approuvés. Du montant total des fonds MAP au Mali, 10% sont consacrés au secteur privé.
- La situation au niveau du HCNLS reste la même dans le sens où il n’y a toujours qu’un point focal responsables des dossiers du secteur publique, du secteur privé et de la société civile du MAP. Celui-ci repose ainsi beaucoup sur le coordinateur de la CSP pour implémenter la composante secteur privé du MAP. Le draft de convention élaboré entre les deux entités l’année dernière présentait la CSP comme une extension du HCNLS. Ceci dit, au courant de l’année il a été convenu que la CSP devrait-être indépendante. Ainsi, le HCNLS et la CSP réévalueront le rôle de chaque parti avant de signer la convention.
- Pendant la période d’avril 2006 à février 2007, il y a eu un blocage des fonds MAP, qui d’après le HCNLS était du à une restructuration au niveau de la Banque Mondiale. Ceci dit, la deuxième tranche du financement MAP a été reçue récemment (19 février, 2007), on s’attend donc à ce que les projets approuvés et attente de financement reçoivent les fonds promis dans au courant du mois prochain.
- La mission a examiné différentes stratégies possibles pour un engagement plus important des PMEs et du secteur informel. Ce dernier, bien que non-légalement reconnu est très organisé et a au courant de l’année dernière désigné de façon officielle M. Tidiane Kane Diallo (Hady) ancien président de la chambre de commerce, et présentement président de l’association des assureurs du Mali, comme intermédiaire entre toutes les structures regroupant le secteur informel et le HCNLS. M. Kane a donc demandé à mener un travail continu pour le secteur informel sous forme de consultation au HCNLS. Cependant pour que ceci puisse se faire, il est nécessaire qu’un plan d’action concret et focaliser sur les différentes stratégies pour accroitre l’engagement du secteur informel dans la lutte contre le SIDA soit élaboré. Ce n’est qu’à ce moment que le projet de M. Kane pourra être soumis à la Banque Mondiale pour la demande de non-objection.
- La législation nationale défendant les droits des personnes vivant avec le VIH/SIDA existe, toutefois l'information au sujet de cette loi est peu ou mal diffusée, et donc la plupart des employés et chefs d'entreprise ne se rendent pas compte de leurs droits sur la question. Le Secrétaire exécutif du HCNLS est conscient de ce problème, et se concentrera plus dans les mois à venir sur l’élaboration d’une stratégie pour une communication plus efficacement cette politique aux maliens.
- L'AGF/AGC a soumis plusieurs TDR pour le renforcement de capacité et des formations spécifiques dont : 1) le recrutement de 15 stagiaires qui assisteraient l'AGC dans l'analyse des projets soumis pour un financement MAP ; 2) des formations pour les sous-bénéficiaires concernant le développement de projet, le suivi/évaluation, comptabilité etc. ; 3)des formations pour le personnel de l’AGF/AGC ; 4) des formations pour le renforcement de capacités et l’ harmonisation du travail des techniciens de laboratoire et des centres de dépistage et conseils volontaires. Le HCNLS est peu disposé à soutenir cette demande de renforcement de capacité pour le personnel de l’AGF/AGC car ces organismes spécifiquement créés afin de contrôler les processus de soumission et de financement du MAP n’existeront plus à la fin du MAP prévue pour 2009.
La Coalition du Secteur Privé dans la lutte contre le VIH/SIDA (CSP) du Mali
- La Coalition du Secteur Privé dans la lutte contre le VIH/SIDA (CSP) du Mali a actuellement 28 membres représentant de grandes sociétés multinationales et nationales, et quelques petites et moyennes entreprises (PME). (voir la liste des sociétés membre en annexe 1)
- La coalition est une organisation avec des sociétés membres, et où le coordinateur est pour l’instant le seul salarié. Le MAP a accepté de financer 90% des activités de la coalition pendant deux ans (2006-2008). Cependant, un plan stratégique quinquennal, et un plan d’action annuel sont nécessaires pour la durabilité de la coalition et la bonne mise en œuvre de ces activités. La mission a assisté le coordinateur de la CSP à développer le draft d’un plan d'action pour l’année fiscale 2007/2008 qui sera présenté au secrétariat et au HCNLS (voir plan d'action en annexe 2) ; et à développer un système plus efficace de reporting des activités de coalition à la Banque Mondiale.
- La mission a eu l’opportunité de rencontrer et de discuter avec plusieurs sociétés membres de la CSP (CMDT, SOGEA-SATOM, SOMAFREC, Office du Niger) et membres du secrétariat exécutif (EMBALMALI et CFAO) concernant la stratégie et la vision de la coalition et des moyens d’accroitre la participation du secteur privé dans la lutte contre le VIH/SIDA au Mali. Les membres ont indiqué que la CSP joue un rôle de facilitateur entre le secteur privé, le secteur privé et la société civile; et fournit l'appui technique nécessaire aux membres dans le développement et l'implémentation de projets ; et permet l'échange des expériences entre membres et partenaires. La CSP tiendra bientôt ses élections annuelles des membres du secrétariat exécutif. Cette unité travaillera étroitement avec le coordinateur pour définir un plan stratégique quinquennal pour l'organisation.
- La mission a aussi évalué les rapports entre la CSP et les fédérations des employeurs Maliennes (le CNPM, la CCIM etc), les O.N.G.S prestataires de service), et les cliniques privées. Pendant la mission de l'année dernière, la plupart des fédérations se sentaient aliénées par la coalition. Plus précisément, celles-ci ont critiqué le manque d'inclusion de leurs membres, principalement les sociétés nationales, dans la coalition. Pour aborder cette question, la coalition est dans le processus de signer une convention avec le CNPM, ainsi qu’avec toute autre fédération critique à la bonne mise en œuvre des activités de lutte contre le Sida en milieu d’entreprise, et à l’adhésion de nouveaux membres à l’organisation. Le but de créer des associations avec ces entités est de développer une réponse plus coordonnée du secteur privé, recruter de nouveaux membres, et de mieux répondre aux besoins des membres de la coalition en ce qui concerne le développement et l’élaboration des programmes, la formation du personnel d’entreprise, de liens avec les centres de dépistage et conseils volontaires et les services de traitement.
- En collaboration avec les membres de la CSP, le coordinateur (Dr, Moctar Diallo) a créé plusieurs outils de développement et élaboration programme mis à la disposition des membres. Ces outils inclus un canevas de plan d’action, un manuel de formation des pairs éducateurs, etc. (Voir annex 3a et 3b pour des exemples de ces outils)
- La CSP a développé un partenariat avec la fondation Glaxo Smith Kline (GSK) pour mettre la mise en œuvre et l’exécution des activités suivantes:
- une formation des formateurs au niveau des O.N.G.s pour une participation au programme « Positif Action Network » en partenariat avec Arcade SIDA. Six représentants d’O.N.G.s ont été formés ; et les partenaires sont entrain d’œuvrer pour la formation de représentants d’ONGs additionnels.
- La production d’un documentaire sur la lutte contre le VIH/SIDA au Mali incluant les activités du secteur privé créée en octobre 2006, et lancée à Paris en Mars 2007 lors d’une conférence organisée par la Fondation GSK. En plus du CESAC, du SE/HCNLS, et de l'Hôpital public Gabriel Touré, les autres sociétés impliquées étaient: CFAO, CMDT, EMBALMALI, BRAMALI.
o l'adaptation des outils de sensibilisation et de prévention spécifiques au secteur privé
Stratégie de Communication
- A part les visites individuelles rendues aux membres par le coordinateur de la CSP et le point focal secteur privé du HCNLS ; et les réunions mensuelles, regroupant tous les membres de la coalition, il n’y a pas de stratégie de communication formelle pour la CSP. La mission a donc discuté de différentes méthodes de communication que l’organisation pourrait utiliser ; une brochure de la coalition, la création d’un site web, un bulletin élaborant les différentes activités menées par la CSP, et des réunions mensuelles. Il serait bon aussi de profiter de l’adhésion des membres de la CSP à d’autres réseaux comme les clubs Rotary, Lions et autres réseaux professionnels pour promouvoir la CSP et ses activités.
- La mission a également rencontré Mme. Ramatoulaye Ndiaye, Présidente de Starcom, une agence de communication contractualisée par le HCNLS par appel d’offres pour le développement d’outils de communication de lutte contre le VIH/SIDA spécifiques à chaque secteur (public, privé, société civile.)
Recommendations et prochaines étapes:
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